mardi 27 mai 2008

LIEVRES


LE 2O MAI C. APERCOIT 2 LIEVRES DANS LA COUR
Le petit lièvreBrusque, avec un frissonDe frayeur et de fièvre,On voit le petit lièvreS'échapper du buisson.Ni mouche ni pinson ;Ni pâtre avec sa chèvre, La chansonSur la lèvre.Tremblant au moindre accroc,La barbe hérisséeEt l'oreille dressée,Le timide levrautPart et se risque au trot,Car l'aube nuancéeN'est pas tropAvancée.N'entend-il pas quelqu'un ?Non ! ce n'est que la briseQui caresse et qui griseSon petit corps à jeun.Et dans le taillis brunLe fou s'aromatiseAu parfumDu cytise.Dans le matin pâlot,Leste et troussant sa queue,Il fait plus d'une lieueD'un seul trait, au galop.Il s'arrête au soloDu joli hoche-queue,Près de l'eauVerte et bleue.Terrains mous, terrains durs,En tout lieu son pied trotte :Et poudreux, plein de crotte,Ce rôdeur des blés mûrsHante les trous obscursOù la source chevrote,Les vieux mursEt la grotte.L'aube suspend ses pleursAu treillis des barrières,Et sur l'eau des carrièresFait flotter ses couleurs.Et les bois roucouleurs,L'herbe des fondrièresEt les fleursDes clairières,L'if qui se rabougrit,Le roc vêtu d'ouateOù le genêt s'emboîte,La forêt qui maigrit,La mare qui tarit,L'ornière creuse et moite :Tout souritEt miroite.Et dans le champ vermeilOù s'épuise la sève,Le lièvre blotti rêveD'un laurier sans pareil ;Et toujours en éveilIl renifle sans trêveAu soleilQui se lève.

Aucun commentaire: